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L'existence de la commune
de Nax s'établit au XII le siècle grâce à un document de 1298 des archives
communales. La charte fait état d'un litige entre les communes de Bramois et de
Nax au sujet de la forêt sous les rochers de Nax.
La première mention de
représentants dans les affaires de la commune remonte à 1304. Il s'agit de
procureurs qui agissent au nom de la commune. Cet acte est aussi le premier qui
confirme que la bourgeoisie élargit ses propriétés. Elle achète un revenu de
seigle en 1311, en 1490 un mayen pour agrandir la montagne de Gauthier, en 1640
elle achète une
vigne à Lens, en 1647 une autre à
St-Léonard et une à Lens,
en 1648 elle achète une part de pressoir, puis de nouveau une vigne à Lens en
1651, une deuxième part de pressoir en 1660. Elle acquiert aussi l'office de la
majorie de Nax-Vernamiège en 1652. Le major était le représentant de la
justice.
Parmi les biens
seigneuriaux qui passent en mains de la bourgeoisie il faut citer le droit de
mainmorte, droit sur le mobilier de toute personne du lieu décédée sans
enfant légitime, acheté pour 180 livres à l'évêque Adrien 1er de Riedmatten
en faveur de la paroisse, en 1538.
Les premières règles écrites
de la bourgeoisie sont des dispositions arrêtées en 1526 par les membres de la
confrérie du St-Esprit au sujet du pressoir de la confrérie au temps des
vendanges. Il faut savoir que la confrérie du St-Esprit s'occupait dans les
plaids (tribunal qui tenait ses assises en public) et les autres réunions
publiques, de pourvoir aux intérêts de la généralité. A elle, on doit des démarches
et des mesures pour améliorer la vie sociale de cette époque. A Nax, la confrérie
du St-Esprit existe déjà dans les débuts de la commune. Elle est citée en
1285 dans le plus ancien document des archives communales.
Le village exprime bientôt
le besoin d'établir par écrit le droit coutumier: des règles précises qui
facilitent la vie en société, et qui créent partant des droits mais aussi des
obligations. Ses premiers arrêtés datent de 1528. Ils concernent la mise à
ban de différentes forêts et pour la première fois nomment trois gardes qui
seront assermentés chaque année.
D'autres prescriptions
vont suivre qui à la longue auront un caractère de lois. Ainsi en 1529 un arrêté
est pris par la majeure partie des hommes au sujet de l'eau destinée à
l'arrosage des prés: une demi-fauchée de pré est nécessaire pour avoir droit
à l'eau; en outre celui qui possède ce droit doit être présent pour le
travail le jour où se fait le nettoyage du bisse, sinon il perd ce droit pour
l'année en cours.
Un acte de 1540 consigne
le renouvellement des usages, des règles et des habitudes anciennes par les
hommes de la commune concernant les travaux, les animaux, les bois et les
amendes. Quelques années plus tard, en 1559, les hommes de la commune portent
un arrêté indiquant dans quelles conditions un individu peut être ou devenir
communier de Nax, entre autres celles-ci:
-
être né d'un père
ou d'une mère de cette commune possédant des biens venant de leurs prédécesseurs;
-
une femme ayant un
mari non originaire de Nax ne peut jouir que de ses biens personnels;
-
quiconque veut faire
partie de cette commune doit payer 30 sols;
-
celui qui fait défaut
aux travaux de la commune doit payer chaque fois un demi-florin.
On
constate ici par ce texte l'apparition pour la première fois du terme
communier, c'est-à-dire membre de la commune ou simplement bourgeois. C'est
aussi la première fois qu'un texte établit que la commune peut recevoir de
nouveaux communiers contre payement.
D'autres
arrêtés importants se sont succédé, tous pris par les hommes de Nax et qui
continuent de fonder les droits de la commune. En 1569 un arrêté détermine
les conditions sous lesquelles on peut alper ses animaux à la montagne de
Gauthier et jouir d'autres avantages. En 1577 on fixe la quantité de vin que
doit fournir chaque année, à la confrérie du St-Esprit, celui qui veut en
faire partie: (une coupe = cop?). Un lien étroit existe entre la confrérie et
la commune.
Un
nouvel arrêté est porté en 1603 interdisant à tout communier de louer ou de
prêter des maisons ou autres édifices aux personnes étrangères, cela à
l'insu des hommes de la commune, sous peine d'une amende d'un setier de bon vin.
On apprend aussi qu'en 1644 un décret proclame que tout communier qui ne veut
pas se soumettre aux usages de la commune doit être privé de bourgeoisie. Ces
exemples nous montrent clairement la volonté de prendre progressivement en
mains le contrôle intégral de la commune.
Puis la
mise en place des structures continue par la réception des premiers bourgeois.
Ainsi les procureurs et communiers du lieu assemblés par voie de criées
publiques ou au son de la cloche, accordent, en 1628, le droit de bourgeoisie et
de jouissance des biens communaux, pour leur vie, à Maurice Nicollier et à
Claude Dubat.
Déjà
les articles nécessaires à l'administration bourgeoisiale s'alourdissent et
leur complexité exige une mise en forme. En 1666, on fait appel au notaire Jean
Torrent pour rassembler les arrêtés de la louable commune de Nax. Ils seront
complétés et rénovés en 1737, 1743, 1754, 1757 et 1762.
Dans le
même sens de cette longue évocation, les communiers ont eu à prendre souvent
position pour des questions liées aux limites entre Grône, Vernamiège et Mase.
Ou bien, dès 1328, au sujet de l'alpage de Gauthier, au sujet du lieu de résidence
du major, au sujet de rachats de redevances féodales, au sujet de la fourniture
annuelle de bois pour l'entretien du pont sur le Rhône à Sion et pour celui de
Granges. Lorsque ces problèmes débordaient le cadre communal ils étaient
soumis au verdict de l'évêque, cela tant qu'il a possédé encore des droits
sur la région.
Au point
de vue militaire Nax, Vernamiège, Mase et Bramois formaient une sous bannière
de celle de Sion. En 1729, 1740 et 1763 accord, sentence et traité règlent l'élection
du banneret ou capitaine, la préséance, etc. etc.
A l'énumération
de ces quelques faits historiques on peut comprendre la lente évolution, soit
la mise en place de règles nécessaires à la cohabitation, à la vie en société.
En dépendaient la constante recherche de la paix et de l'union dans la commune,
la conservation des libertés, de la justice où l'intérêt général devait
l'emporter sur le particulier.
Il ne
s'agit là évidemment que d'un aperçu d'une longue émancipation d'un peuple
pour survivre dans des conditions particulièrement difficiles. Chaque mètre
carré comptait. Au gré des saisons, il fallait se déplacer de la plaine à la
montagne pour cultiver. On vivait en autarcie!
Les
antiques usages de la bourgeoisie disparaissent en même temps que les dernières
prérogatives seigneuriales, lors de la tourmente révolutionnaire de 1798. Puis
se succèdent les constitutions et lois napoléoniennes (oui nous avons été
rattachés à la France de 1808 à 1812 en tant que Département du Simplon)
et finalement les lois valaisannes qui modifient profondément le système
gouvernemental ancré dans les mœurs séculaires de nos bourgeois.
Mais
c'est la constitution fédérale de 1848 qui instaure le système actuel,
comportant deux espèces de communes, l'une bourgeoise et l'autre politique. Dès
lors, la bourgeoisie, par ses organes, l'assemblée bourgeoisiale et le conseil
bourgeoisial, se distingue de la commune politique. Elle a sa gestion propre et
règle l'usage de ses avoirs bourgeoisiaux.
En
effet, si l'on a ôté à la bourgeoisie l'administration communale, elle n'en
conserve pas moins son importance dans la vie publique du Valais: c'est elle qui
détermine l'appartenance d'un citoyen à une commune, en d'autres termes, sa
patrie. Le droit de bourgeoisie est un statut de droit public, personnel et héréditaire,
reliant le bourgeois à sa commune d'origine. L'octroi du droit de cité fédéral
et cantonal est subordonné, dans notre canton, à j'obtention d'un droit de
bourgeoisie. C'est la bourgeoisie qui délivre les certificats d'origine.
L'assemblée
bourgeoisiale et le conseil bourgeoisial, ont une sphère d'activité propre,
distincte de la commune politique en ce qui regarde la gestion et les règlements
sur l'usage des avoirs bourgeoisiaux. Le conseil bourgeoisial, comme le conseil
communal, est placé sous la haute surveillance du Conseil d'État. La jouissance
des forêts, qui constituent la partie la plus considérable des avoirs
bourgeoisiaux, est naturellement limitée par les lois fédérales et cantonales
en la matière. Une législation cantonale stricte impose à la commune
bourgeoise de fort nombreuses contributions aux charges publiques de la commune
politique.
La
constitution de 1848 prévoit une assemblée des bourgeois distincte de
l'assemblée primaire, elle statue par contre qu'il n'y aura de conseil
bourgeoisial que sur demande de l'assemblée des bourgeois. Dans les communes où
il n'y a pas de conseil bourgeoisial, le conseil municipal en remplit les
fonctions.
Depuis
le constitution de 1875, il faut que le nombre des non-bourgeois forme au moins
la moitié de l'assemblée primaire ou que le conseil communal soit formé de la
moitié de non-bourgeois, pour que l'assemblée des bourgeois ait le droit de
demander la formation d'un conseil bourgeoisial distinct.
Nax,
avril 2002 / Pierre Schmid

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